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Le lieu
Denis, évêque de Paris, est décapité vers 250 de notre ère sur la butte Montmartre. Selon la tradition, il ramasse sa tête et marche jusqu’à l’endroit où il souhaite être enterré, l’emplacement où se dresse aujourd’hui la basilique. Ce récit fondateur suffit à expliquer pourquoi la royauté française, pendant douze siècles, a voulu reposer ici. Dagobert Ier ouvre le mouvement en 639, Pépin le Bref confirme la tradition en 768, et Saint Louis l’officialise au XIIIe siècle en ordonnant la réalisation de seize gisants commémoratifs de ses prédécesseurs depuis le VIe siècle. Au total : plus de 40 rois, 32 reines et 63 princes et princesses, soit la plus grande nécropole royale du monde occidental.
L’abbé Suger, conseiller des rois Louis VI et Louis VII, reconstruit le chevet de 1135 à 1144 en inventant les outils qui vont définir le gothique pendant trois siècles : nervures croisées, arcs-boutants, verrières hautes. Les murs s’allègent, la lumière entre, la hauteur devient possible. Saint-Denis est le premier édifice gothique. Au XIIIe siècle, Louis IX fait agrandir la nef et le transept dans un gothique rayonnant : le résultat est l’une des nefs les plus lumineuses et les plus élancées du Moyen Âge français.
Les 70 gisants et tombeaux monumentaux constituent le plus important ensemble de sculpture funéraire européen du XIIe au XVIe siècle. On peut y voir l’évolution de l’art funéraire : des dalles plates mérovingiennes aux gisants symboliques du XIIIe siècle, puis aux portraits réalistes. Le gisant de Charles V par André Beauneveu est le premier portrait royal individualisé dans la sculpture française. À la Renaissance, les tombeaux de Louis XII et Anne de Bretagne, de François Ier et Claude de France, et le double tombeau d’Henri II et Catherine de Médicis par Germain Pilon (le seul couple royal représenté deux fois) sont des chefs-d’œuvre absolus. En 1793, les révolutionnaires profanent les tombeaux et jettent les dépouilles dans deux fosses communes. Alexandre Lenoir sauve les gisants et les envoie à Paris. En 1817, Louis XVIII fait ramener les ossements mêlés dans un ossuaire de la crypte, les rois reposent ensemble depuis, indistincts.
La basilique a aussi un second chantier : depuis 1837, elle manquait d’une de ses deux flèches, abattue par la foudre. La « Fabrique de la flèche », espace ouvert au public, accueille désormais les visiteurs au pied du chantier de reconstruction : exposition, cinéma à 360° et ateliers où tailleurs de pierre et forgerons travaillent sous vos yeux. Le Festival de musique de Saint-Denis investit la basilique chaque été.
La nef est accessible gratuitement. Nécropole royale + Fabrique de la flèche : 17€ (gratuit pour les moins de 26 ans de l’UE, les PMR et leur accompagnateur, les demandeurs d’emploi). La Fabrique de la flèche est fermée le lundi. Fermé le 1er janvier, 1er mai, 1er novembre et 25 décembre. Métro ligne 13, station Basilique de Saint-Denis, à 100 mètres. Tarifs et horaires détaillés sur saint-denis-basilique.fr. 1 rue de la Légion d’Honneur, 93200 Saint-Denis.