Szilas, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Arènes de Lutèce

Lutèce comptait 20 000 habitants et son amphithéâtre en pouvait accueillir 17 000. Enseveli au Moyen Âge, redécouvert en 1869, sauvé de la destruction en 1883 grâce à une lettre de Victor Hugo au Conseil municipal, l'amphithéâtre gallo-romain du 5e arrondissement est aujourd'hui un jardin public gratuit où la pétanque a remplacé les gladiateurs.
Save (0)
Please login to bookmark Close

Country

France

Price

Access

Duration

Le lieu

Lutèce comptait environ 20 000 habitants. Son amphithéâtre en pouvait accueillir 17 000. Autrement dit, presque toute la population de la ville tenait dans les gradins. Construit entre la fin du Ier et le début du IIe siècle sur la montagne Sainte-Geneviève, l’édifice était un hybride rare : une arène pour les combats, mais aussi une scène de théâtre de 41 mètres de long pour les représentations. Il resta en service jusqu’aux invasions du IIIe siècle, fut transformé en nécropole, puis enseveli sous les remblais de l’enceinte de Philippe Auguste au XIIe siècle.

Théodore Vaquer mit au jour les premiers vestiges lors du percement de la rue Monge en 1869. Ce fut la Compagnie générale des omnibus qui, creusant pour installer un dépôt de tramways en 1883, révéla l’essentiel du site. La destruction programmée mobilisa les défenseurs du patrimoine. Victor Hugo adressa une lettre au Conseil municipal de Paris : « Les Arènes sont l’antique marque de la grande ville. Elles sont un monument unique. » Le conseil vota la conservation le 30 juillet 1883, à 36 voix contre 23. L’ensemble fut classé Monument Historique en 1884. Entre les deux guerres, les arènes devinrent un stade de basket en plein air : la finale du championnat de France s’y tint en 1926 en présence du président de la République, et l’équipe nationale y joua jusqu’en 1951.

Les gradins actuels ont en grande partie été recréés lors de la restauration de 1915-1916. Sur les 35 rangées d’origine, seules 10 ont été restituées. Mais la piste elliptique, les couloirs souterrains d’entrée, les niches à cages d’animaux creusées dans le podium et le mur de scène sont toujours lisibles. Aujourd’hui, des joueurs de pétanque, des lycéens en cours de sport, des groupes qui pique-niquent et des passants qui lisent occupent les gradins. Des représentations théâtrales et des concerts s’y tiennent ponctuellement.

Accès libre et gratuit, tous les jours. Entrée principale au 49 rue Monge (immeuble reconnaissable à son buste de gladiateur sur la porte), également par la rue des Arènes et le square Capitan. Horaires variables selon la saison (8h à 17h en hiver, jusqu’à 21h30 en été). Métro Place Monge (ligne 7) ou Jussieu (lignes 7 et 10).

Poursuivre l'exploration